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  • Henri NEYRAND

Représentation du Cid de Corneille à Québec – 31 décembre 1646 (il y avait donc déjà un réveillon)

Le 31 décembre 1646, à Québec, est donné en représentation le Cid de Corneille dans les locaux du magasin de la compagnie des habitants (ils avaient dû pousser sur le côté les quelques peaux de castor déjà achetées aux indiens. Cela ne devait pas sentir la rose !)

Assistaient à cette représentation, le gouverneur, Monsieur de Montmagny, qui est celui qui y prit le plus de plaisir, 3 pères jésuites par égard pour le gouverneur, quelques indiens et quelques français de Québec.

C’est une information intéressante sur l’état intellectuel de la colonie, qui était plutôt bon. Montmagny était Chevalier de Malte, son lieutenant le chevalier de l’Isle de même, et les pères jésuites, tout comme aujourd’hui, brillaient par leur facultés intellectuelles. Quelques membres de la noblesse avaient déjà rejoints la colonie en 1646 comme la famille Le Gardeur de Repentigny. Robert Giffard, premier à avoir donné une inflexion à l’immigration, était un lettré (apothicaire), un arpenteur (Jean Bourdon). Et j’en oublie beaucoup. La colonie était un microcosme d’un bon niveau intellectuel, noyé au milieu des indiens qui avaient un développement très en retrait (pas d'élevage, une protoagriculture pour certaines tribus, pas d'industrie du métal), ne connaissaient pas l'écriture ! C’est assez surréaliste d'imaginer ces indiens découvrant la représentation du Cid en 1646!

Québec était l'équivalent d'un petit village français (estimé à moins de 1000 habitants en 1646).

Les artisans n’avaient pour la plupart qu’une éducation assez sommaire (savaient lire et écrire et encore pas toujours). Mais les jésuites ont créé un collège pour instruire les jeunes français et quelques jeunes indiens dès 1635. Déjà en 1646 certains jeunes étaient certainement avec une éducation de qualité. Pour information le premier collège en Amérique a été le collège jésuite de Québec. Harvard a été créé juste un an plus tard en septembre 1636. Reconnaissons que les trajectoires des deux collèges ne sont pas comparables ! Quelle époque éblouissante de projets et désirs de développement intellectuel!

C’est un signal intéressant du souhait

d’importer une partie des passions de la cour parisienne à Québec.

Le Cid avait été présenté la première fois à Paris 9 ans auparavant en janvier 1637.

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