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  • Henri NEYRAND

La rencontre des Français et des Indiens du Canada : le choc des cultures.

Quand Pierre Boucher arrive au Canada en 1635, les populations Amérindiennes étaient encore à l’âge de pierre face à des populations Européennes façonnées par la Renaissance.

Sur les plans humain, physique, moral ou intellectuel, le Nord-Américain ne montrait aucune infériorité vis-à-vis de l’européen.

Pierre Boucher les décrit ainsi dans son livre publié en 1663 (Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France) : « Les Sauvages généralement parlant, tant hommes que femmes, sont fort bien faits; et on en voit fort peu parmi eux qui aient des défauts de nature, comme d’être louches, bossus, boiteux, à moins que cela leur soit arrivé par accident ».

La principale différence était d’ordre culturel.

L’homme Nord-Américain descendait d’un tronc humain détaché du tronc Européen et Asiatique lors de la dernière glaciation (vers 15 000 à 16 000 ans avant JC). De ce fait, Il n’avait pas eu part aux progrès liés aux échanges commerciaux de l’Afrique, de l’Europe et de l’Inde et de l’Asie qui ont permis l’émergence de l’homme moderne Européen.

Ce tronc humain Nord-Américain s’est détaché en emportant avec lui la maîtrise des arts du feu et de l’éclatement de la pierre. Mais, isolé de sa famille humaine par les bouleversements géologiques, il a poursuivi seul son expérience culturelle.

Tandis que l’homme Européen a poursuivi son développement et a connu les progrès économiques de l’élevage, et des premières industries du fer qui ont permis l’émergence des grandes civilisations Grecques, Romaines, Arabes et, plus tard en Europe, de la Renaissance.

Alors que l’homme Canadien, contraint par la rigueur du climat, en était resté au nomadisme, à la cueillette et à la chasse ; avec toutefois des débuts d’une agriculture et même d’échanges de biens de consommation courantes contre des denrées agricoles (maïs et tabac principalement). Les animaux vivant au Canada ne se prêtaient pas non plus à l’élevage si important pour l’économie agricole des sociétés Européennes de l’époque.

Il est facile d’imaginer lors de la rencontre des Indiens avec les Européens, leur fascination pour leurs techniques inédites, leurs immenses vaisseaux de bois et surtout l'usage du fer et de la poudre magique. Sans parler de l’eau de vie qui fera des dégâts considérables dans ces populations.

On comprend que le choc culturel entre les Indiens du Canada et les Français a réservé bien des surprises de part et d’autre.

Pierre Boucher l’a vécu pleinement et s’est beaucoup attaché et enrichi de la vie avec ces peuples Amérindiens. Interprète reconnu et expert des langues indigènes, il s’est attaché à ces premiers habitants. En 1649, nommé capitaine du bourg de Trois-Rivières, il se marie avec Marie Ouébadinskoué, jeune Huronne dont il aura un fils, baptisé le 11 décembre de la même année. Mère et fils meurent très rapidement le laissant veuf.

Il se remariera le 19 juillet 1652 avec Jeanne Crevier qui lui donnera quinze enfants.

Gravure dessinée par Samuel de Champlain en 1609 qui décrit la bataille entre les Iroquois et les Algonquins près de la pointe sud du Lac Champlain, probablement près du site actuel du Fort Ticonderoga.

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